Film Vidéo Bretagne Pêche du rouget, aux filets/ réalisation André Espern

Film Vidéo Bretagne Pêche du rouget, aux filets 

lien pour le film pêcheurs de rougets aux filets

 

Commentaire du film

 

Ponton des canots à Loctudy peu avant l’aube.

C’est l’heure de l’embarquement sur  l’Andromède , un des seuls bateaux pratiquant la pêche au rouget.

 

Le départ du port a lieu avant l’aube, vers 4 heures du matin. Les marins se lèvent tôt et l’activité sur le port ne cesse guère durant la nuit. Les bateaux hauturiers qui débarquent leurs pêches, les côtiers qui s’apprêtent, créent une animation quasi-constante le long des quais.

Auparavant appelé Le Métèque, puis, Morgane, le bateau a été baptisé Andromède par son dernier propriétaire, Christian Le Lay.

Il est aujourd’hui, comme tous les bateaux de pêche , équipé d’un l’appareillage électronique de la dernière génération.

L’aide à la navigation, la sécurité, le moyens de veille et de détection, l’enregistrement des zones de pêche sont regroupés sur la passerelle, sous les yeux de l’homme de barre. C’est un véritable centre de contrôle électronique sophistiqué qui est ainsi mis à la disposition des marins.

Le rôle de l’informatique embarquée est devenu fondamental sur tous les navires.

Grâce à ces outils, Christian retrouve rapidement ses bouées et filets.

La zone de pêche de l’Andromède se situe sur le site des Glénan, à 18 milles de la côte, une vingtaine de kilomètres environ. Suivant les conditions météorologiques plus ou moins favorables, le trajet dur de 1 heure à 1 h 30.

A 42 ans, Christian est un ancien marin des chalutiers de la flotte hauturière, où il a commencé sa carrière en 1986. Issu d’une famille de marins, il a dès son plus jeune âge, suivant en cela la tradition, accompagné son père qui lui a « appris le métier. »

La côte, dont on distingue les dernières lumières, est déjà loin. Le jour va paraître dans une heure environ. Commence alors la première levée de filet, alors que l’état de la mer et la météo laisse deviner que les rayons de soleil seront rares aujourd’hui.

Avec à bord Thierry, 42 ans, et François, 35 ans, deux marins aguerris qui embarquent avec Christian. l’Andromède est un canot en bois de 9,05 m, construite en 1976 dans un chantier naval d’Etel, propulsé par un moteur de 110 CV.

La saison de pêche est courte. Elle dure deux mois, mai et juin. Le reste l’année s’organise en fonction des espèces : le bar en janvier et février, la sole en été, le merluchon en septembre et en octobre.

La pêche au rouget se pratique à l’aide de filets en nylon que les marins montent généralement eux-mêmes. Chacun possède d’ailleurs sa propre technique et ses « secrets » de montage. Le mode de pêche n’a guère changé cependant depuis l’époque des filets en coton utilisés par les misainiers et les premiers canots à moteurs. Il fallait alors les tanner pour les protéger des agressions du sel et de l’environnement. Les déchirures étaient nombreuses et une saison de pêche nécessitait un long travail de préparation.

Par grosse houle ou fort clapot, le remontage de la bouée est souvent difficile.

Le rôle de Christian à la barre est déterminant. C’est de lui que dépendent la sécurité et la bonne exécution de la manœuvre.

La hampe de bambou est gaffée et immédiatement embarqué. L’orin principal est guidé sur le vire-filets, un appareillage de bobines débrayables qui a, avantageusement remplacé la levée manuelle.

Des bouées sphériques, montées sur de gros bambous et équipés de pavillons de couleur permettent le repérage visuel en mer.

Les filets sont mouillés sur des fonds de 40 à 60 mètres.

 Une ancre de 12 kg et des maillons de chaînages stabilisent l’appareil en position de pêche. Ils interdisent le vrillage ou tout autre emmêlement intempestif, notamment en cas de mauvais temps.

Une table de travail en inox installée le long du plat-bord guide le filet en cours de nettoyage sous l’arrière bâché de l’Andromède. A l’abri du vent et des embruns les matelots peuvent alors ranger les captures par tailles et par espèces.

Outre du rouget, il n’est pas rare de capturer, du maquereau, du lieu, du merlan, du tacaud, du bar ou du mulet.

 

L’embarquement et le nettoyage d’une série de filets demande environ une demi-heure. Aussitôt prêts, les filets sont immédiatement remis à l’eau. L’opération, très rapide, dure environ 5 mn.

Les matériaux synthétiques, les cordeaux lestés, ont aujourd’hui remplacé les mailles de coton, les flotteur de liège et les olives de plomb du milieu du 20ème siècle.

Assemblés par nappes d’une cinquantaine de mètres les filets montés mesurent de 300 à 600 mètres.

L’Andromède en embarque environ 110.

Le rouget appréciant une eau à bonne température, sa pêche commence dès la fin du printemps, dès que les conditions climatiques s’avèrent favorables.

Le rouget, « ar meil rhu » en breton, le mulet rouge ou rouget barbet vit sur des secteurs sablonneux. Ce Mullus surmuletus pour les scientifiques, de la famille des Surmulets, est un poisson grégaire, sédentaire, que l’on trouve à partir de 2 ou 3 mètres de fond. Long de 10 à 25 cm environ, le rouget peut vivre une dizaine d’années. C’est est un très beau poisson fragile, aux écailles très souples, à la peau fine et tendre et à la chair réputée. Le rouget doit son nom… à la couleur de sa robe aux reflets rouge et rosés. Le rouget est munis de barbillons tactiles de chaque côté de la bouche. Il lui servent à fouiller les couches sédimentaires à la recherche des petits invertébrés composant l’essentiel de sa nourriture.

Pris dans la nappe, le poisson  devient une proie facile pour tous les carnassiers et prédateurs, notamment les congres qui peuvent alors faire des dégâts considérables dans les filières.

Sur le pont d’un bateau, chaque homme a son rôle.

Sur l’Andromède , Thierry est chargé d’embarquer la bouée puis de positionner l’orin sur le vire-filet. Celui-ci est alors entraîné par un gros cylindre de caoutchouc, couplé à un jeu de poulies débrayables.

le train de pêche arrive sur le vire-filet à vitesse constante, permettant la manœuvre dans les meilleures conditions de confort et de sécurité.

Christian libère la barre quelques instants. La table de préparation permet en effet aux trois hommes de se livrer ensemble au démaillage et à l’embarquement du filet.

Les captures moyennes sont de l’ordre de 100 à 150 kg par jour, les grosses prise d’autrefois devenant de plus en plus exceptionnelles.

Ici, comme ailleurs, la ressource connaît les problèmes d’appauvrissement du milieu halieutique.

Le vaste archipel des Glénan, la zone de pêche était autrefois relié à la terre,  il a de tout temps attiré les marins.

 Site stratégique, il a vu passer des navigateurs bretons, français, espagnols, anglais, et, vraisemblablement autrefois des voyageurs phéniciens. Des vestiges néolithiques permettent d’affirmer qu’une population d’agriculteurs-éleveurs y vécut à l’âge du fer. Elle trouvait sans doute dans ces fonds alors très poissonneux, une richesse exceptionnelle .

Les fonds des Glénan sont particulièrement variés. S’ils sont très accidentés, garnis de hauts fonds ( gare à celui qui ne suit pas les repères des cartes), on y trouve aussi des vallonnements  en pente douce et de larges étendues de sables.

  Le GPS, abréviation de Global Positionning System, est un appareil de navigation calé sur satellite. Sa précision lui permet d’afficher, de suivre, de mémoriser des caps et des routes d’une façon remarquable. Couplé au GPS, le traceur vidéo est une carte marine électronique capable d’enregistrer de répertorier et de reproduire une très grande quantité d’informations : route suivie, position, vitesse. La route est indiquée en degré par rapport au nord, point de référence à zéro degré. L’Est est à 90°, le sud à 180.…

La vitesse sur mer se calcule en nœuds, unité de référence valant 1852 mètres. Les navires du type de l’Andromède possèdent une vitesse moyenne d’une dizaine de nœuds. Certaines vedettes de pêche de la nouvelle génération dépassent les 20 nœuds.

La VHF, de l’anglais Very High Frequency, est une radio permettant aux marins de communiquer entre eux. Branchée en permanence, elle possède un canal de sécurité, le canal 16, dont l’utilisation est strictement réservée aux SOS ou aux urgences. Les autres canaux sont libres et les marins se retrouvent, à leur convenance ou suivant leurs habitudes, sur l’un ou l’autre d’entre eux.

Le sondeur couleur indique la profondeur, mais également l’état du fond et le passage de bancs de poissons, la présence de rochers ou d’épaves diverses. Une graduation a différentes échelles donne des résultats très précis, extrêmement utiles, tant au niveau de la qualité du travail que de la sécurité.

L’ancre étant mouillé, le filet se positionne naturellement dans l’eau.

François le contrôle rapidement afin de s’assurer de sa tenue.

François est chargé de la préparation et du tri par espèce des captures.

Tous les poissons sont vidés et soigneusement lavés avant un premier conditionnement à bord.

Le dernier filet est mouillé vers 13 heures .Il sera relevé avec les autres  le lendemain matin.

Comme chaque jour , Christian a enregistré les positions sur le GPS.

Il pourra les retrouver même par un brouillard le plus intense.

Les débris divers sont évacués par les dalots, des ouvertures rectangulaires pratiqués au ras du pont.

  La pêche achevée, le poisson trié, et lavé, l’Andromède met le cap sur le port. Le trajet est mis à profit pour le lavage du pont à la manche à eau, un système de pompe d’eau de mer branché sur le moteur.

  Le phare des Perdrix, célèbre tourelle à damiers noirs et blancs annonce l’entrée à Loctudy. Aujourd’hui désarmées, les Perdrix ont perdu la lanterne et l’éolienne qui les caractérisaient auparavant.

  Aussitôt débarquée, la pêche est pesée sous criée et stockée en chambres réfrigérées. Elle sera vendue en fin d’après-midi aux mareyeurs et acheteurs professionnels, seuls habilités à ce type de transactions.

  L’Andromède regagne son mouillage au ponton dit « ponton des canots ».

 En fin de journée, glacés, emballés, conditionnés, chargés dans les camions réfrigérés, les rougets de l’Andromède partiront vers les marchés de Bretagne, de France, d’Espagne. Il iront garnir les étals des poissonniers et les tables de gastronomes… où on les attend avec impatience.

  Philippe Hatte, chef du restaurant les Accacias à Quimper, grand spécialiste des produits de la mer, nous présente « le rouget au pastis marin » une recette de sa création.